NOS REACTIONS AU PLU DE VILLERS

Publié le par vendovria

Remarques générales

 

ü      Pas de cohérence dans la gestion des différents PLU, pourtant de compétence communautaire : dates de révision différentes, politiques différentes sur la forêt (classée sur Villers mais pas sur Vandoeuvre), sur la gestion des espaces naturels, sur la gestion des espaces déjà urbanisés, sur l’approche de la ZAC de Brabois qui s’étend sur Villers et Vandoeuvre.

 

ü      Incohérence des politiques suivies dans les différents PLU de l’agglomération : d’un côté, on prétexte la protection des espaces naturels pour éviter l’étalement de l’urbanisation, en densifiant les secteurs déjà urbanisés (Vandoeuvre), de l’autre, on propose à l’urbanisation des espaces vierges (Villers, Ludres).

 

ü      Incohérence dans le volet ZAC de Brabois et projet peu lisible en terme d’aménagement global du secteur. On peut lire que « La zone 2AU est dite stricte, son règlement interdit la réalisation de constructions dans l’attente de la révision de la ZAC du plateau de Brabois et la définition définitive du projet d’aménagement de cette zone qui comprendra des espaces verts, des constructions d’habitation et des constructions destinées à l’accueil d’activités économiques. Cette zone n’est pas ouverte à l’urbanisation ». Alors que depuis la Loi relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbains, les règles d'urbanisme des nouvelles ZAC sont désormais incluses dans le plan local d’urbanisme afin de mieux intégrer celles-ci dans l'urbanisation environnante, on continue à conduire l’urbanisme du secteur en dissociant la procédure sur la ZAC de Brabois de celle du PLU de Villers, alors qu’on l’a intégrée dans le PLU de Vandoeuvre !

 

ü      La création d’espaces nouveaux dédiés à l’implantation d’activités ne se justifie que dans une approche globale : 16 hectares sur Chavigny, une densification de l’existant sur Vandoeuvre et l’urbanisation d’espaces nouveaux sur Villers, sans l’approche globale que sous-entend le mot PLAN du PLU.

 

ü      Les déplacements ne correspondent pas du tout aux projets. Pour la zone de Brabois, aucune réponse en terme de déplacement, notamment dans le PDU. L’hypothétique échangeur supplémentaire à hauteur de Villers-Paul Muller ne répondra pas aux déplacements les plus importants, vers les zones hospitalières et le Technopôle (dans sa partie entre l’Avenue Paul Muller et la 974), qui se feront toujours par l’avenue Paul Muller vers le centre de l’agglomération, par l’avenue de la Forêt de Haye et l’échangeur de Brabois vers les communes du sud, mais aussi par les secteurs résidentiels de Bois le Duc et du Village de Vandoeuvre, dont les rues à fonction de desserte n’ont pas vocation ni profil de voie de dégagement. Ceci est encore aggravé par les projets d’urbanisme de la CCMM sur le secteur des Clairs Chênes (ZAC de 16 hectares). Et qu’en est-il des aspects liés à la qualité de l’air ou aux nuisances sonores qui ne sont pas pris suffisamment en compte ?

 

Les services de l’Etat soulignent d’ailleurs fortement ces carences dans le PDU, sans que la CUGN apporte une réponse pertinente.

 

Remarques particulières

 

ü      Forêt Espace Boisé Classé

 

La forêt protégée est classée, mais fait pourtant l’objet de projets qui ne figurent pas dans le PLU ou y sont déjà inscrits (zone Na et Nord Brabois) sur le bois des Fourasses. On affirme en effet « Préserver le patrimoine naturel »  « en protégeant la forêt de Haye » qu’on classe Espace Boisé Classé, mais sur laquelle on prévoit une route nouvelle, la Nord Brabois , une aire de stationnement pour caravanes (zone Na). On peut même lire dans le même temps que « Cette situation –le peu de réserves foncières- pose, à moyen et à long terme, la question du développement de la forêt située entre l’autoroute A33 et le tissu urbain ». Cette approche de la protection des EBC est tout à fait singulière…

 

ü      Parc du château de Brabois

 

Suite à la tempête de 1999, la CUGN , interrogée par l’association sur le devenir du parc, répondait que le parc ne serait pas construit, en s’offusquant qu’on ait pu penser le contraire. Aujourd’hui apparaît pourtant une zone AUb à l’extrémité nord est du parc. Nos sommes totalement opposés à l’urbanisation de cet espace, qui renie les positions affirmées en 2000 et qui va à l’encontre de l’orientation du PLU pour la préservation des espaces naturels.

 

ü      Terrains de la Côte de Villers

 

La présentation des projets pour les terrains de la côte de Villers ne correspond pas à la réalité. On peut lire qu’ « A l’origine la ZAC avait identifié ces terrains comme ayant une vocation de sports et de loisirs réservés pour des équipements d’intérêt d’agglomération », mais ceci est faux pour cette zone qui était classée ND (non constructible) !

 

Le PLU affirme « Préserver le patrimoine naturel » « Au niveau du paysage d’agglomération, perceptible depuis des points de vue éloignés », alors qu’on fait le contraire en urbanisant fortement une zone de 38 hectares à flanc de coteau, offrant comme perspective un mitage d’espaces actuellement vierges.

 

Le PLU affirme la « Préservation d’un espace vert, à la fois espace de transition entre le Technopôle et le nouveau quartier d’habitat, espace de liaison entre la forêt de Haye et le parc de Brabois (notamment pour les cavaliers) et espace ouvert de loisirs d’échelle communale, voire d’agglomération », alors qu’on urbanise 38 hectares de ce qui est actuellement un espace de transition et de loisir pour l’agglomération, avant la moindre étude sur la zone à protéger au niveau de la flore, en y plaçant de surcroît « la possibilité de réaliser une liaison Villers lès Nancy / Laxou, dite Nord-Brabois ».

 

Et comment faut-il lire la phrase « En effet, la révision de la ZAC qui est en cours projette l’ouverture à l’urbanisation de ce secteur. En conséquence, le PLU définit une zone à urbaniser « stricte » sur ce secteur, permettant d’afficher l’intention tout en maintenant son caractère non urbanisable » ? On urbaniserait sans urbaniser ? Décidément, ce projet n’est lisible qu’en terme de profit pour l’aménageur.

 

Le PLU souligne que « Le plateau reste séparé du reste de la commune par une zone de transition encore quasi naturelle » : l’utilité de cette zone comme espace de transition est affirmée, mais les projets réduisent à néant cette fonction.

 

Pourquoi construire des bâtiments dédiés à l’activité, alors qu’il y a suffisamment d’offre à proximité (surface inoccupée dans les bâtiments existants du technopôle, possibilité de densification sur les secteurs déjà urbanisés dans la partie entre l’avenue de la Forêt de Haye et l’autoroute –des bâtiments à deux étages resteraient peu visibles- et offre pour la ZAC de 16 hectares sur Chavigny), sur des secteurs de surcroît mieux situés par rapport à la voirie principale existante.

 

La construction de logements sur une zone qui s’est avérée particulièrement dangereuse lors de la tempête de 1999 n’est pas un acte responsable : si la tempête sur ce secteur n’a pas eu d’incidence, c’est parce qu’il n’était pas urbanisé. Il est à remarquer que l’urbanisation jusqu’à présent évitait ce couloir, puisqu’elle était cantonnée dans des zones plus basses moins sensibles au vent (Villers Cottage ou Clairlieu).

 

La pelouse calcaire de la zone recèle une flore dont certaines espèces sont protégées. Il semble tout à fait déplacé et paradoxal que soit confié à l’aménageur promoteur qui commercialise les terrains, la SOLOREM , l’étude de la flore !

 

ü      Absence d’une réflexion globale sur l’aménagement du plateau de Brabois

 

Le plateau de Brabois présente un intérêt à l’échelle de l’agglomération, à plusieurs titres. Tout d’abord, la flore, sur cette prairie calcaire, comporte plusieurs espèces protégées. D’autre part, elle est actuellement un espace naturel remarquable qui offre une perception exceptionnelle sur l’agglomération : si la commune de Villers dispose d’espaces naturels suffisants pour ses habitants, une étude conduite à l’échelle de l’agglomération montrerait l’intérêt d’une zone « libre », avec aménagement réduit, pour des activités libres, comme c’est déjà partiellement le cas actuellement, mais à l’échelle de l’agglomération. Une étude complète du secteur du plateau de Brabois, qui soulignerait le déficit actuel en terme d’équipements, qui retiendrait les éléments forts et les valoriserait (par exemple le château de Brabois à l’abandon actuellement), qui proposerait des équipements destinés à deux types de publics complémentaires, pour des activités en direction des employés du technopôle en semaine et pour les loisirs le week end, en utilisant ou renforçant les équipements sportifs, en complétant les dispositifs d’accueil (commerce, restauration et hébergement), en créant des activités culturelles légères, apporterait un autre type d’aménagement que de l’habitat où on se contente de vendre du terrain et d’aligner les logements sans souci du « fonctionnement » de la zone, faisant du lieu un territoire monolithique privé qui échappera aux habitants de l’agglomération et ne bénéficiera qu’à des intérêts particuliers. Le château de Brabois pourrait être un élément moteur dans cette démarche.

 

ü      Création d’une aire de stationnement pour caravanes (zone Na)

 

Il est prévu la création d’une aire d’environ 20 000 m², aire qui n’a jamais été précisée dans les présentations publiques. Cette aire est un rectangle d’environ 450m*45 m dans le bois des Fourasses, parallèle à l’autoroute, à une distance de 20 m, sous une ligne à haute tension. L’aménageur a un sens très particulier de l’accueil : il est difficile de faire pire !

 

Sur les procédures d’enquête et de concertation

 

ü      Les remarques que nous avons formulées dans la phase de concertation préalable, tant pour la procédure engagée pour la ZAC de Brabois (Vandoeuvre et Villers) en 2000 que dans celle de modification du POS en PLU pour Villers et Vandoeuvre en 2002, n’ont pas été prises en compte pour ce qui concerne la ZAC de Brabois, dans son aspect déplacement notamment. Les remarques concernant le PDU et ses insuffisances par rapport aux importants projets d’urbanisation du plateau de Brabois n’ont pas davantage été prises en compte. Nous joignons à nos remarques quelques unes de nos précédentes interventions.

 

ü      Les projets sont décidés sans attendre les conclusions des procédures de concertation préalable ou d’enquête qui n’existent que pour répondre à la législation. En effet, comment expliquer que la CUGN ait fait procéder en toute illégalité à des fouilles il y a quelques mois, sur un terrain classé ND, de surcroît porteur d’espèces végétales protégées ? Comment analyser l’article émanant de l’ADUAN, paru dans L’Est Républicain du 28 mai 2002, alors que la concertation préalable démarrait à peine, pour annoncer des projets d’urbanisation sur ce même terrain qui n’avait pas abandonné son classement en zone ND ?

 

ü      Une étude globale de l’urbanisation du Technopôle de Brabois ne serait pas un luxe : elle correspondrait davantage à l’aspect « planification » que sous entend un PLU qu’en aménageant ce secteur sans vue d’ensemble réelle, mais plutôt en y alignant les projets de chaque commune en fonction des intérêts à court terme de chacune d’elle. Cela supposerait que la réflexion s’organise indépendamment des mêmes organismes satellites de la CUGN (ADUAN et SOLOREM), de surcroît présidés par des conseillers communautaires.

 

ü      Nous sommes étonnés de voir que les enquêtes des PLU de Vandoeuvre et de Villers-lès-Nancy ne se déroulent pas en parallèle : ces PLU sont de compétence communautaire ! Nous sommes étonnés que les PLU des communes riveraines (Chavigny) n’y soient pas évoqués quand ils concernent le même secteur. Les projets sur Brabois ne sont pas mis en situation et il n’y a pas l’approche globale qui apporterait la cohérence absente actuellement.

 

ü      A l’époque de la communication facilitée par les technologies nouvelles, alors que la CUGN et les mairies disposent d’outils performants et s’en prévalent, il est tout à fait incongru que les projets de PLU ne soient pas à disposition du public sur les sites web de ces organismes et accessibles en ligne. L’esprit d’un PLU suppose une large information et une concertation : le vecteur internet serait un outil performant pour y parvenir.

 

 

Publicité

Publié dans Urbanisme

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article